Santé du sol et maladies neurodégénératives, des liens existent-ils ?

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Un sol peut-il être toxique – et induire des maladies neurodégénératives – en dehors de toute contamination d’origine chimique ou radioactive ? C’est la question que pose Georges Oxley dans son livre « La fleur au fusil ».

Biologiste indépendant et spécialiste de la vie des sols, Georges Oxley nous relate sa discussion avec un producteur de camembert à la retraite. Dans les années 70 son camembert agrémentait les menus des plus belles tables de France et d’outre manche. Cependant, 30 ans après il constate que la qualité du fromage n’est plus la même. Le fermier s’excuse : « Comment voulez-vous obtenir le même fromage . Avant mes vaches produisaient 1000 litre des laits, aujourd’hui c’est 10 000 litres, pourtant mon herbe n’a pas changé ».

Si l’herbe n’a pas changé, il en est tout autre chose pour les vaches et le sol.

L’auteur explique que l’argument santé mis en avant en 2015 pour justifier le retour à une alimentation constituée à 100 % d’herbe est le taux nettement supérieur d’oméga-3 dans les produits en fin de chaîne. Tout le reste est omis.

« On n’imagine pas que l’ablation d’un étage de la pyramide alimentaire du sol puisse avoir un impact sur la chimie du sol. L’absence de bactéries aérobies, un sol étouffé, compacté, jouent directement sur le cycle de l’azote : les nitrates deviennent des nitrites et sans l’élément oxygène, la matrice de la chimie du sol est bouleversée ; l’aluminium et le fer, au lieu d’être 2 positifs deviennent 3 positifs. Ils sont bien plus actif sur leur environnement – dont nous faisons partie. »

 

Depuis 1987 nous savons que l’aluminium et le fer 3 + sont directement impliqués dans la dégénérescence nerveuse*.

« Notre système digestif étant entièrement tapissé de neurones, le processus commence dès l’ingestion. Le système nerveux adulte peut contenir ces excès d’aluminium, mais il a ses limites. Le bétail de certaines régions européennes très humides, où l’eau étouffe le sol, a toujours été sensible aux maladies de dégénérescence nerveuse. En Pays d’Ouche, en Normandie, où dans le Pays Basque de mon enfance, il n’était pas rare de compter jusqu’à 10 % du bétail touché par la tremblante selon les années**. Les races autochtones s’adaptent. Elles résistent bien mieux. C’est pourquoi les Basques tiennent tant aux brebis manech à tête rouge ou noire, alors qu’elles produisent moins de lait que les autres. Ce n’est pas de la décroissance c’est du bon sens. »

« La sensibilité génétique des races de moutons à la tremblante n’en fais pas pour autant des maladies génétiques***, sinon le problème n’existerait plus avec la sélection paysanne. L’influence de l’environnement et la présence de métaux sous leurs formes pathogènes restent avérées. L’impact d’un sol malmené sur ces maladies est central. Le diagnostic intervenant jusqu’à 30 ans après le départ de la maladie, le résultat de cause à effet ne peux vraiment être prouvé de manière catégorique. Ici l’épidémiologie ne sert pas, seuls des faisceaux de certitudes s’accumulent. La science botte en touche. La biodiversité floristique peut continuer à disparaître dans l’indifférence générale, de toute façon nous l’aurons bientôt oubliée avec ce que nous mangeons. »

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